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Comment je comprends maintenant l’évangélisation suite au congrès Bruxelles – Toussaint 2006 Compte-rendu d’une expérience Par Roger Laroche Table des matières1 - Introduction 2 - Présentation générale du congrès 3 - Fondements et attitudes profondes de la nouvelle évangélisation 5 - Jésus est le seul évangélisateur 6 - Prier 9 - Sortir de soi, être visible sans complexe et sans arrogance 11 - L’efficacité de l’évangélisation 12 - Les formes de la nouvelle évangélisation 13 - L’évangélisation directe des personnes 14 - Être ami avec les pauvres 16 - Évangéliser par la paroisse 17 - Évangéliser les milieux de travail 18 - Évangéliser les relations humaines et les conflits 19 - Évangéliser la ville 20 - En conclusion sur les différentes formes d’évangélisation Bibliographie : Les grandes conférences du congrès sont disponibles de la manière suivante 1 - IntroductionÀ l’automne 2006, j’ai eu la chance de participer à un congrès international pour la nouvelle évangélisation. Nous étions un petit groupe de 10 personnes à faire le voyage ensemble (6 de Montréal, 3 de St-Jean Longueuil, 1 de Joliette) (2 évêques, 1 vicaire général, 2 autres prêtres, 1 diacre, 2 personnes mariées et 2 laïcs célibataires).
L’expérience a été extraordinaire, bouleversante. Dans ce petit texte, je souhaite mettre par écrit ce que je retiens de ce congrès. Le but n’est pas de faire un résumé complet, mais donner l’essentiel. Ce sont mes notes de congrès que j’ai regroupées dans un texte unifié.
Le texte est structuré en 2 parties : d’abord les fondements de l’évangélisation et ensuite les différents moyens pour évangéliser. La plupart des affirmations sont des citations provenant des différentes conférences que j’ai entendues. Parfois j’ajoute mes commentaires et mes propres réflexions sur la nouvelle évangélisation.
Pour les personnes qui voudraient aller plus loin, j’indique mes sources tout au long du texte. Je donne le plus de références possibles. Il est possible que certaines citations ne soient pas parfaites, mais je pense que les idées essentielles sont fidèles à ce que j’ai vu, entendu et vécu lors de ce congrès.
Présentation générale du congrès[1]Voici une brève présentation du congrès.
· Thème : C’est un congrès international pour une nouvelle évangélisation intitulé «Bruxelles – Toussaint 2006». Le thème était «Venez et voyez» · Où et quand : du 29 octobre au 5 novembre 2006 dans la ville de Bruxelles en Belgique · Organisateur : Ce sont 4 cardinaux d’Europe qui ont eu l’initiative de lancer ces congrès pour la nouvelle évangélisation. À chaque année, le congrès a lieu dans une ville d’Europe différente. Il y a eu Vienne en 2003, Paris en 2004, Lisbonne en 2005 et Bruxelles en 2006. Le prochain sera à Budapest en septembre 2007. La coordination été confiée à la Communauté Internationale de l’Emmanuel ainsi qu´à un groupe de travail formé ad hoc par chacun des diocèses des villes accueillant le Congrès. · Programmation : Pendant la semaine, les journées commençaient par une prière animée par une communauté chrétienne différente chaque jour. Il y avait ensuite une conférence donnée par un grand orateur (Andréa Riccardi, Timothy Radcliffe, Nicolas Buttet, Enzo Bianchi, cardinaux). L’avant-midi se terminait par une eucharistie. En début d’après-midi, nous pouvions participer à un choix de plusieurs ateliers classés en 4 grands thèmes: «service – diaconie», «parole – prière – célébration», «vie – famille – couple» et «visages d’Église». À partir du milieu de l’après-midi et jusqu’en fin de soirée, il y avait environ 700 activités en paroisse, des tables rondes, des activités pour les jeunes et les ados, des concerts, des veillées, etc. Il y avait des aussi des kiosques où les différents mouvements d’Église présentaient leurs activités. Toute la semaine, chacun pouvait s’inscrire à des activités d’évangélisation de rue avec des communautés habituées dans ce genre de ministère. · Participants[2] : Plus de 5000 personnes étaient inscrites au congrès proprement dit. On estime que 100 000 personnes ont été touchées par l’une ou l’autre des activités. Pratiquement pour chaque activité, il y a eu 50% de personnes en plus que ce qui était attendu. Fondements et attitudes profondes de la nouvelle évangélisationDéfinition des mots[3]L’évangélisation «classique» consiste à annoncer l’Évangile à des peuples qui n’ont jamais entendu parler de Dieu. C’est l’image des missionnaires qui partent dans des pays étrangers. La «nouvelle évangélisation» consiste à annoncer l’Évangile à des gens qui en ont déjà entendu parler, mais qui vivent dans un contexte de christianisme «endormi». Jésus est le seul évangélisateur[4]L’évangélisation est l’œuvre de Dieu. L’évangélisateur, c’est Jésus. C’est lui qui prépare et qui touche les cœurs. Il est déjà présent aux personnes que nous rencontrons. Dans ce sens, nous n’essayons pas d’apporter Dieu comme s’il n’avait jamais existé avant nous. Nous essayons d’aider à nommer Dieu qui est déjà là. Pour savoir comment évangéliser, la première piste est de regarder les façons de procéder de Jésus. Collaborer à sa mission, emprunter son regard et ses façons de faire. L’évangélisation n’est pas authentique si la prière n’en est pas la source. Seul l’évangélisé peut évangéliser. Jésus est l’exemple premier de l’évangélisateur et il se retirait à l’écart avant l’aurore pour prier. L’évangélisation doit être accompagnée de la prière. Seigneur, apprends-moi à prier, en esprit et en vérité. Que ma prière soit évangélisée. La prière est d’abord une écoute. La prière n’est pas seulement un désir, une recherche : Dieu parle, Dieu a parlé. Il instaure le dialogue. Nous sommes le peuble de l’écoute avant d’être le peuple de la foi. Notre grande tentation est de dire «Écoute Seigneur, ton serviteur parle» au lieu de dire «Parle Seigneur, ton serviteur écoute». L’écoute est préférable aux sacrifices. Sans écoute, la prière est une recherche d’actes, de formules, de satisfactions, une discipline de concentration. La Bible nous invite plusieurs fois à l’écoute «Shema’Israël (écoute Israël)», «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le», voir aussi He 1, 1-2. Salomon demande à Dieu d’avoir un cœur écoutant. L’écoute est au fondement de la Trinité, le Père, le Fils et l’Esprit font de l’écoute l’attitude fondamentale de leur communion. Nous sommes faits à l’image de la Trinité. La prière est aussi l’accueil d’une présence et l’ouverture à une communion. La présence de Dieu nous précède, il se distingue de nos désirs. M’apercevoir que Dieu habite en moi, être sa demeure, l’accueillir. Dire notre consentement, notre amen à la vie. Prier, c’est m’adapter à l’environnement de Dieu. Confesser ma faiblesse car je ne sais pas comment prier. La meilleure chose à demander est l’Esprit saint. Les manières de prier sont liées aux dons de l’Esprit, mais le but de la prière est toujours l’amour. Quand je prie pour mes ennemis, je participe à l’amour de Dieu pour les ennemis, y compris son amour pour moi qui suis aussi un ennemi. La prière nous amène à découvrir notre vérité profonde. Prier pour envoyer des ouvriers à sa moisson. Quand j’évangélise, l’idéal est de parler de ce que j’ai écouté et contemplé dans la prière. La prière[6] est un élan du cœur, une conversation enfant-père. Être honnête, exprimer toute la vérité. Ne pas prier n’est pas un péché, c’est un châtiment. La prière a été un moyen de résistance des Juifs contre les Nazis. C’est le suprême recours dans l’épreuve. L’eucharistie[7] est au cœur de l’activité de l’Église, dont l’évangélisation. Revenir à la «stupeur eucharistique». À l’école de l’eucharistie, apprendre à se recevoir comme don et à se donner librement. Il y a des gens qui se rendent difficilement à l’eucharistie, qui marchent de longues distances, qui marchent en titubant, qui organisent leurs horaires pour être certains de ne pas manquer la messe. À travers tous leurs efforts, il font déjà un témoignage sur la valeur de l’eucharistie. Le lit des malades est comme un autel d’eucharistie. À Calcutta , là où les sœurs de Mère Théresa s’occupent des malades, on peut lire l’inscription «The body of Christ» au-dessus du bain où les malades sont lavés. Il y a de la violence dans le corps et le sang. Il est important de soigner l’eucharistie pour dire au monde la splendeur de Dieu. Benoît XVI a dit que la façon de Jésus d’être Dieu provoque notre façon d’être homme, en particulier la kénose. Nous sommes des serviteurs, non des gens de triomphe. Dans l’eucharistie se résume le mystère du salut. Devant le Christ nu, on se met au service. Vivre l’eucharistie, mais se questionner sur la manière de la vivre[8]. Si nous avons le choix entre la prière et l’eucharistie, il faut choisir la prière (citation de Marthe Robin). Cette affirmation peut paraître étrange, mais elle souligne que parfois, il y a des messes bien faites, mais pas réellement de prière durant la messe. Il y a parfois des paroles, mais les cœurs ne sont pas dans les paroles. S’il y a prière, les personnes vont le sentir. S’il n’y a pas de prière, les gens vont aussi le sentir. Les gens de l’extérieur ont souvent un bon jugement à ce sujet. Ils vont s’ennuyer, ils vont dire que c’est un truc de curé. Ce n’est pas forcément en faisant des choses plus modernes qu’on prie davantage. On peut vivre une expérience extraordinaire d’Église, même pendant un credo en latin. Je pense que même après avoir entendu de si belles conférences dans un congrès à Bruxelles, si on veut vraiment comprendre l’évangélisation, la meilleure «conférence» de tous les temps: c’est l’eucharistie. Tout est là. Reconnaître l’autre[9]«Or, Philippe était de Bethsaïda, la ville d’André et de Pierre. Il va trouver Nathanaël et lui dit : « Celui de qui il est écrit dans la Loi de Moïse et dans les prophètes, nous l’avons trouvé : c’est Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth. »–« De Nazareth, lui dit Nathanaël, peut–il sortir quelque chose de bon ? » Philippe lui dit : « Viens et vois. » Jésus regarde Nathanaël qui venait à lui et il dit à son propos : « Voici un véritable Israélite en qui il n’est point d’artifice. »–« D’où me connais–tu ? » lui dit Nathanaël ; et Jésus de répondre : « Avant même que Philippe ne t’appelât, alors que tu étais sous le figuier, je t’ai vu. » Nathanaël reprit : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël. » Jésus lui répondit : « Parce que je t’ai dit que je t’avais vu sous le figuier, tu crois. Tu verras des choses bien plus grandes. » Et il ajouta : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au–dessus du Fils de l’homme. »» (Jn 1, 44-51) Une attitude fondamentale dans l’évangélisation est de reconnaître l’autre. Dieu est déjà présent avec eux. La première attitude de Nathanaël a été de rejeter Jésus. Par la suite, il a reconnu Jésus car Jésus l’a d’abord reconnu. Il faut reconnaître l’autre pour pouvoir l’évangéliser. Il y a des gens qui se sentent invisibles ou non reconnus dans l’Église (ex. les femmes et les homosexuels). Il faut aimer les gens comme ils s’offrent à nous, comme ils se présentent. Accepter d’aller là où les gens se rassemblent, entrer dans leur maison. Un grand rabbin juif nous a raconté l’histoire d’un berger qui s’était développé une manière de prier. Un jour, un sage le rencontre et lui explique que sa méthode de prière n’est pas bonne et qu’il doit prier autrement et il lui donne des consignes sur une nouvelle manière de prier. Après le départ du sage, le pauvre berger a cessé complètement de prier. Plus tard, le sage revient pour lui dire qu’il s’est trompé et il encouragea le berger à reprendre la prière personnelle qu’il avait développée.
Sortir de soi, être visible sans complexe et sans arrogancePendant le congrès, un des cardinaux nous a encouragés souvent à «être visibles, sans complexe et sans arrogance». Nous avons tendance à être gênés de nous dire croyants, comme si d’autres avaient le droit de s’exprimer, mais pas nous. Avec la nouvelle évangélisation, nous apprenons à nous montrer, à aller aux frontières des croyants et des incroyants. Il s’agit seulement d’exprimer que nous existons et que nous sommes disponibles, sans rien forcer. Au cours du congrès, nous avons appris que certaines personnes (dont des évêques) ont appris à sortir de leur gêne et à s’afficher comme chrétiens avec plus d’aisance. La vie chrétienne et l’évangélisation sont intimement reliées, on ne peut pas les séparer. Dans l’Évangile, quand Jésus disait à des gens «ta foi t’a sauvé», il le disait ordinairement à des personnes qui allaient vers lui ouvertement et publiquement pour demander une guérison. Ces personnes étaient déjà un peu des missionnaires car elles confessaient publiquement leur foi en Jésus et prenaient un risque de le dire. Certaines personnes disent qu’à Montréal, l’Église est visible dans les rues par ses bâtiments, mais à part les bâtiments elle est complètement invisible. Évangéliser, c’est aimer[10]Évangéliser, c’est aimer. Le moteur de l’évangélisation, c’est l’amour et la charité. Le but n’est pas de faire du prosélytisme, d’augmenter le nombre d’adeptes ou de se consoler d’avoir un plus grand nombre de personnes qui pensent comme nous. Nous représentons le Christ, demandons à Dieu d’avoir son regard. L’écoute est plus importante que les paroles. On rencontre des gens qui ont des blessures. De tout le congrès, une des personnes qui m’a le plus touché est une femme musulmane qui est venu nous parler de la prière dans sa religion. Elle a adressé la parole à tous les participants du congrès et leur a dit «je vous souhaite cette paix du fond du cœur», «la paix soit avec vous».
L’efficacité de l’évangélisationNous sommes invités à porter du fruit, mais par contre, on peut se questionner sur le genre d’efficacité que nous recherchons dans l’évangélisation. Pour un professionnel habitué à travailler avec des objectifs mesurables, il faut apprendre à changer d’école. Évangéliser, c’est accepter d’entrer dans le projet de Dieu avec son regard. Il y a un danger à vouloir devenir efficaces. Nous ne sommes pas responsables de «gagner» quelqu’un d’autre. Comme disait un animateur d’atelier[11] «Je ne suis pas chargé de vous convaincre, je suis chargé de vous le dire». Dieu peut agir d’une façon qui nous échappe. La puissance de Dieu se déploie souvent dans la faiblesse, notre faiblesse. Nous ne savons pas toujours ce qui fait que les gens sont évangélisés ou non. Parfois ce sont nos gestes, nos paroles, notre regard, nous n’en avons pas forcément conscience. Ensuite, nous ne sommes pas toujours conscients de nos fruits d’évangélisation. Certaines personnes peuvent être très touchées, mais elles ne vont pas le dire. Pourtant leur cœur a commencé à s’ouvrir. Certains prêtres nous ont dit qu’ils ont développé des projets d’évangélisation dans leur quartier, qu’ils observent certains fruits en regardant l’accueil qu’ils ont reçu, mais par contre il n’y a pas forcément eu une augmentation sensible de la pratique religieuse. J’ai aussi constaté que l’évangélisation se fait en équipe, en Église. Si on pense que notre action personnelle est inefficace, c’est différent quand on regarde l’action commune de tous les chrétiens ensemble. Nous contribuons à un même projet et c’est ensemble que nous portons du fruit. Les formes de la nouvelle évangélisationLors du congrès, nous avons rencontré des façons très diverses d’évangéliser. En voici quelques unes. L’évangélisation directe des personnesL’évangélisation directe des personnes consiste à approcher des gens de façon ponctuelle. Ce sont des rencontres courtes. À Bruxelles, j’ai rencontré différentes formules d’évangélisation directe. · Parfois on rencontre les gens dans la rue, parfois on rencontre les gens par le porte à porte · Parfois on invite les gens à participer à des activités d’Église, parfois on parle directement de la foi sans proposer d’activités particulières.
Invitations dans la rue à des activités d’Église. À plusieurs reprises, nous avons vu des gens se poster au coin des rues et distribuer des dépliants pour annoncer des activités d’Église. Parfois, il y a des échanges simplement techniques sur les activités en question. Parfois on débouche sur des échanges plus larges sur la foi. Certains pensent que c’est la meilleure approche pour faire de l’évangélisation de rue car on invite les gens à quelque chose de précis et on a un point de départ pour discuter de quelque chose.
Porte à porte pour parler directement de foi. J’ai rencontré 2 filles de 21 ans qui nous ont proposé de faire de l’évangélisation par le porte à porte. Elles disaient qu’elles avaient l’habitude de faire ça dans la région de Paris, que c’était exceptionnel, qu’elles avaient vécu des expériences de conversion. Je n’ai pas vécu l’expérience, mais ces 2 filles étaient tellement enthousiastes que c’était contagieux.
Porte à porte pour parler de la paroisse. Dans une paroisse d’Europe, on raconte qu’un curé a écrit une lettre à tous ses paroissiens. C’était une lettre photocopiée, mais l’enveloppe était écrite à la main. Dans la lettre, le curé se présentait et disait qu’il souhaiterait rencontrer tout le monde, mais que c’était impossible à cause du trop grand nombre de paroissiens. Pour contourner le problème, il a confié à quelques paroissiens la tâche de visiter toutes les maisons du quartier par le porte à porte. Les paroissiens visiteurs rencontraient donc tous les résidents du quartier et leur présentaient les activités de la paroisse. C’est une forme d’évangélisation.
Partages de foi directement dans la rueJ’ai moi-même participé à un atelier d’évangélisation directe et je vous raconte comment ça s’est déroulé[12]. Cet atelier était divisé en 3 parties 1. un exposé sur l’évangélisation directe
2. par équipes de 2, nous avons fait une sortie
d’évangélisation dans les 3. un retour sur l’expérience qui a été vécue C’était un des ateliers du congrès, mais un atelier très populaire. Nous étions environ une centaine de personnes entassées dans une petite salle de classe, plusieurs étaient assis par terre. L’atelier a commencé par un exposé d’une heure sur l’évangélisation directe. Les animateurs étaient des gens très habitués à en faire. On nous dit d’abord qu’ il y a des gens qui sont revenus à la foi parce qu’un jour quelqu’un les a interpellés dans la rue pour les évangéliser. On nous dit qu’ en général, les gens sont intéressés aux chrétiens qui ont quelque chose à dire et ils sont touchés de nous voir. On nous invite à rendre grâce à Dieu de nous appeler à être ses témoins. On fait la distinction entre l’évangélisation directe qui est ponctuelle et l’évangélisation à long terme avec les gens que l’on côtoie tous les jours.
Voici 5 points[13] importants à se rappeler quand on fait de l’évangélisation directe
Suggestions de choses à dire quand on rencontre les personnes
On nous dit qu’il est important d’être soi-même, de ne pas essayer d’être quelqu’un d’autre. Avoir une approche avec laquelle nous sommes à l’aise. On nous propose d’utiliser un système des lumières : si on sent que la personne n’a aucune ouverture (lumière rouge), on n’insiste pas, on essaie seulement de l’aimer. Si on sent une certaine ouverture (vert), c’est ok, on va de l’avant. On nous propose de fonctionner en équipe. Quand on rencontre les gens, un des équipiers parle et l’autre prie. Ce sont les 2 rôles. L’exposé s’est terminé par une courte prière. Nous avons fait un chant à l’Esprit saint : «Viens Esprit de sainteté, viens Esprit de lumière, viens Esprit de feu, viens nous embraser». Nous avons ajouté : «Sainte-Thérèse de l’enfant Jésus, patronne des missions, priez pour nous», «St-François Xavier, patron des missions, priez pour nous». Nous sortons tous dehors et ceux qui le veulent peuvent prendre des objets à remettre aux gens durant l’évangélisation (livres, chandelles, petits objets). Ensuite on se divise en équipes de 2. On nous précise que toute cette expérience est vécue avec l’accord du curé. Nous sommes clairement envoyés par l’Église pour évangéliser. Toutes les équipes de 2 s’éparpillent dans le parc et dans les rues avoisinantes. J’étais avec une jeune professionnelle habitant Bruxelles. Elle venait juste d’arriver et n’a pas pu entendre l’enseignement que nous venions d’entendre. Nous avons rencontré 15-20 personnes. Je pense encore à ces personnes que j’ai rencontrées pendant cette expérience. Je prie pour elles. Après une heure d’évangélisation dans les rues, toutes les équipes se sont retrouvées ensemble devant la basilique pour faire un retour. Plusieurs ont fait de belles rencontres. Certains passants ont dit avoir rencontré plusieurs équipes d’évangélisateurs et qu’ils les ont tous repoussées. Par contre, ils ont fini par s’ouvrir à une dernière équipe. Même s’ils ont dit non à plusieurs évangélisateurs, ces rencontres apparemment non fructueuses ont quand même préparé une ouverture à un partage de foi. Être ami avec les pauvres[14]Nous vivons dans une société où on est porté à se sauver soi-même, à se protéger, à être résignés. Nous ressemblons au jeune homme riche de l’Évangile, nous refusons de nous ouvrir et d’aller de l’avant. Nous évitons les liens avec les personnes faibles. Nous plaçons les personnes âgées dans des résidences à part où elles ne dérangent pas. Le chrétien est l’ami des pauvres. Le chrétien ne fuit pas sa faiblesse ni celle des autres. Il y a un certain danger de fuir sa faiblesse dans une sorte d’expérience de foi exaltante. L’expérience chrétienne authentique nous met en contact avec notre faiblesse. Il y a présence sacramentelle de Jésus dans le pauvre et le faible. Avoir une réelle amitié avec les pauvres, découvrir et chanter leur beauté Pour être ami et proche d’une personne pauvre, il faut accepter et tolérer sa propre faiblesse, sa pauvreté personnelle.
Évangéliser les jeunes[15]Les jeunes accordent de l’importance à la consommation, aux relations, au bonheur, à la liberté et à l’authenticité. Il faut d’abord les reconnaître, les accepter, les aimer tels qu’ils se présentent. Reconnaître que Dieu est déjà présent avec eux. Être là où ils se retrouvent, comme par exemple dans les rencontres sportives et sur internet. Avoir du plaisir à être avec eux. Il est important d’accepter aussi leurs proches, leur famille. Plusieurs jeunes vivent dans des familles reconstituées ou de nouvelles formes de famille, ils sont attachés à leurs proches. Si on leur fait sentir qu’on rejette leur type de famille, c’est aussi eux que l’on rejette. Attention à ce que l’on dit de leur type de famille. Le bonheur. Les jeunes accordent beaucoup d’importance au bonheur. Plusieurs jeunes ont vécu la violence, les abus sexuels, les difficultés familiales. Ils vivent une sorte d’obligation d’être heureux, il faut dissimuler la tristesse, la tristesse est quelque chose de honteux, il y a un sourire figé. La joie chrétienne peut contenir la tristesse. Le contraire de la joie est la dureté du cœur qui exclut les sentiments. La liberté. Les jeunes accordent beaucoup d’importance à la liberté. Pour eux, l’argent est un moyen qui leur permet d’être libres, d’aller où ils veulent. Exemple, la publicité des «jeans qui traversent les murs». L’Église est perçue comme hostile à l’autonomie, elle met des règles, des interdits. Découvrir la liberté de Jésus qui donne sa vie. L’authenticité. Les jeunes accordent beaucoup d’importance à l’authenticité. C’est la sincérité, le fait d’être fidèle à sa propre originalité. Il y a de la méfiance à l’égard de la proclamation de vérité absolue. Ce qui compte, c’est ce qu’on croit. Ma vérité est ce que je choisis. Il est important que l’Église soit reconnue comme authentique, de vivre selon nos convictions, de ne pas cacher ce que nous pensons. Les jeunes veulent ce qui est vrai pour moi. Si on rejette ce qui est vrai pour eux, on les rejette. L’Église est soupçonnée de dissimuler la vérité. Reconnaître ce qui est vrai dans l’expérience de l’autre, être attentif à toute trace de vérité chez les autres. Ne craignons pas que la vérité mette en péril la vérité. Ne pas déprécier ce que d’autres tiennent pour la vérité. Jésus disait de Nathanaël : «un véritable Israélite en qui il n’est point d’artifice». Il est préférable d’être chrétien sans le dire, plutôt que de le proclamer sans l’être (Ignace d’Antioche) L’imagination. L’imagination est importante pour les jeunes. Capter l’imagination des jeunes, partager le sens de l’aventure de la foi. Être des scénaristes qui montrent la foi. L’évangélisation est difficile. Dès le début de l’Église, il a fallu les persécutions pour que les apôtres se dispersent. Les jeunes vont nous bouleverser si nous les accueillons. On vit une crise dès qu’on s’ouvre à l’autre. L’Esprit nous ouvre hors de notre confort. L’Esprit nous console parfois avec une lance dans le dos pour nous forcer à avancer. Pour évangéliser les jeunes, pensons d’abord à les reconnaître, à accepter qu’ils sont des dons de Dieu et qu’ils sont une part de ce que nous sommes. Capter leur imagination et chercher à ce qu’ils voient en nous le bonheur, la liberté et l’authenticité. Que nos églises soient des maisons pour l’humanité avec ses drames. Évangéliser par la paroisse[16]La décision d’évangéliser. La paroisse doit prendre une décision. Veut-elle être missionnaire ou veut-elle être un lieu de confort pour les catholiques du quartier ? Veut-on une paroisse pour nous ou une paroisse pour annoncer ? Selon les Actes des apôtres, la paroisse est missionnaire. «Ils louaient Dieu et trouvaient un accueil favorable auprès du peuple tout entier. Et le Seigneur adjoignait chaque jour à la communauté ceux qui trouvaient le salut» (Ac 2, 47). Importance de retrouver le zèle de la mission. Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile. Une paroisse peut-elle être non missionnaire ?Se centrer sur le Christ. Vivre une union transformante avec le Christ source, sinon on se contente de faire des choses qui se font déjà dans la société civile. Le Seigneur adjoint ceux qui ont le désir d’être avec lui. Le Seigneur agit. Le plus important est d’être accroché à Jésus-Christ, être comme un poêle qui attire. Nous aidons le Seigneur à renouveler les paroisses. La charité mutuelle. C’est surnaturel de s’aimer les uns les autres. Le cœur de la mission est le rayonnement de la charité. S’il y a de la charité, les gens viennent. Être vigilants là-dessus. Attention à l’esprit de division. Le Diviseur (le diable) va prendre un malentendu et essayer de le grossir. Si on se dispute pour des places, ça n’intéresse pas les jeunes. Se demander pardon. Avoir un réflexe missionnaire. Concrètement, ça veut dire «qu’est-ce qui va faire du bien à cette personne-là ?». Par exemple, on pourrait proposer à une personne gênée un service qui va l’aider à se dégêner. Être un signe, un poêle qui attire. Souvent, la paroisse se construit par la vie de foi de quelqu’un qui influence les autres. Il y a des gens paisibles, joyeux et confiants, des amis de Dieu. C’est un feu qui attire les gens. Ce que l’âme est au corps, les chrétiens le sont à la société. Ne pas se conformer au monde ambiant. La paroisse est un signe. L’important est la mine des gens qui sortent de l’église. Jésus est triste si la paroisse est triste. Le rôle des paroissiens. Il faut être au service de la paroisse, la paroisse n’est pas ma propriété, ni un lieu pour obtenir des grades. Un point critique est de demander à quelqu’un de changer de type de service à rendre à la paroisse. La personne est-elle vexée ou a-t-elle la paix dans son cœur ? Si notre curé est grognon, lui dire dans la vérité. Le rôle des curés. Selon le Concile, une des tâches des pasteurs est de discerner les charismes des fidèles. Être témoin des dons différents que Dieu a donné dans une paroisse. Attention de respecter les initiatives. Par exemple refuser une excellente musicienne sous le simple prétexte qu’elle n’était pas prévue au programme. Demander pardon aux gens au nom de l’Église qui les a blessés. Que le curé soit capable de demander pardon à ses gens. La relation avec les pauvres. Vivre le partage, l’aumône. S’il y a un pauvre, les paroissiens peuvent l’inviter chez eux à tour de rôle. L’ouverture aux autres. Éviter de se cantonner dans les petits groupes que l’on connaît. Il y a la volonté de prier ensemble, ce qui n’est pas facile. C’est différent de prier tout seul. Aller vers ceux que l’on ne connaît pas. La paroisse est missionnaire quand nous ne sommes pas seuls (allez 2 par 2). Saisir les occasions. Utiliser les occasions liturgiques pour faire des choses. Organiser des activités qui ont de l’esprit. Une expérience vécue : la fête des talents dans la paroisse. 500 repas ont été servis. Les gens se parlaient davantage. Attention aux fêtes qui manquent d’esprit.
Évangéliser les milieux de travail[17]L’animateur est un consultant en ressources humaines. Il est engagé dans «Présence et témoignage[18]», une branche apostolique de la Communauté de l'Emmanuel. Ils ont approfondi le sens au travail en s’appuyant sur la DSE (doctrine sociale de l’Église[19]). Ils organisent plusieurs activités de formation et d’échanges. Voici certains thèmes dont nous avons discuté lors de l’atelier. Mission et sens du travail. Travailler veut dire parachever la création. Le Christ s’intéresse à mon travail. Ça libère les gens de savoir que le travail est une mission (et non une punition). Réussir vs donner sa vie. Le but est de vivre l’enseignement social de l’Église là ou on est. La finalité de l’entreprise est de servir le bien commun. Le levier est la conversion personnelle. Encourager le développement des entreprises, mais dans le but de servir l’être humain tout entier (Gaudium et spes 64). Agir avec compétence. La première façon d’évangéliser au travail est d’agir avec compétence, être les meilleurs pour servir (Gaudium et Spes). On est entendu quand on a une compétence reconnue par ses pairs. Promouvoir les valeurs de la doctrine sociale de l’Église. La DSE est difficile à comprendre et très abstraite (le bien commun, la destination universelle des biens, la subsidiarité, la participation, la solidarité, les valeurs de la vie sociale, la charité). Il faut un effort pour voir comment on peut appliquer cela concrètement au travail. On peut promouvoir ces valeurs, mais sans avoir à parler explicitement de foi nécessairement. Charité envers les collègues. Ne pas critiquer les autres, ex. jugement péremptoire. D’abord aimer ses collègues. Reconnaître le Christ dans toutes les personnes avec moi. Critiquer en public est un moyen violent d’agir. Témoignage. Souvent il est impossible ou inapproprié de parler directement de Dieu dans son travail. On peut parfois le faire par de petits témoignages du type : «Qu’as-tu fait en fin de semaine ?» «J’ai participé à une activité religieuse». Gestion du temps. Recevoir le temps comme un don de Dieu. Rapport à l’argent. L’argent est un mauvais maître, mais un bon serviteur, il n’est pas forcément sale. J’ai une relation à mes biens en tant que gérant et non en tant que propriétaire. Donner moins de 10% de ses biens, c’est du vol. Donner plus de 20%, c’est fuir sa propre mission. La relation aux pauvres est essentielle à la vie spirituelle. Aide à la prise de décision. Exemple de question à se poser : quelles sont les conséquences de mes décisions sur les plus pauvres ? Quelles sont les conséquences de mes décisions sur ceux qui ne peuvent rien contre moi ? Trouver des solutions respectueuses du plus petit. Demander l’intelligence des situations pour mieux contribuer. La parabole du bon grain et de l’ivraie est un bon cadre de référence. Développer le bon grain au travail, ne pas arracher l’ivraie. Avoir des informations complètes. Écouter pour comprendre. Heure de présence : offrir une heure par semaine pour sanctifier son heure de travail. Faire son travail comme d’habitude, mais le mieux possible. On peut s’inscrire à cette activité par internet[20]. Les chômeurs. Pour les chômeurs : retrouver la confiance en soi en retrouvant la confiance de Dieu en nous ; je suis une personne humaine digne. Rapports à l’autorité. L’autorité est un service. Respecter la loi est un devoir du chrétien.
Évangéliser les relations humaines et les conflits[21]Expérience de mime (tendre l’autre joue). Dans cet atelier, nous avons approfondi notre façon de vivre les conflits. Nous avons d’abord mimé le texte d’évangile suivant : «Et moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Au contraire, si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends–lui aussi l’autre. » (Mt 5, 39). Deux personnes devaient aller au centre du groupe et faire textuellement ce que le texte d’évangile dit (d’abord quelqu’un frappe l’autre sur la joue droite et ensuite la personne frappée tend l’autre joue). Nous avons échangé nos observations : 1. Quand une personne droitière frappe quelqu’un d’autre sur la joue droite, elle est pratiquement obligée de la frapper avec l’endos de la main. C’est un signe de mépris, de différence de classe. La personne frappée a le réflexe de se baisser devant l’autre. 2. Quand la personne frappée tend l’autre joue, elle a tendance à se redresser et à regarder le «méchant» droit dans les yeux. Elle refuse de tenir tête au méchant, mais en même temps elle change son regard sur elle-même et découvre son droit d’être respectée. 3. Devant un conflit, la première réponse est celle de la foi. Dieu fait lever son soleil sur les bons et sur le méchants. Notre réflexe en période de conflit : Lorsque je suis en conflit, j’ai tendance à dire : Moi je suis bien, j’ai raison et j’ai la vérité. L’autre est mal, il est dans l’erreur et le mensonge. L’approche proposée. L’animateur de l’atelier nous encourage à développer 4 attitudes complémentaires et toutes importantes. 1. Voir la vérité, le bien de l’autre ; arrêter d’identifier l’autre au mal, accepter de le respecter profondément 2. Voir le côté négatif chez soi, voir comment l’autre nous ressent à ce niveau. Éviter la culpabilité malsaine, demander pardon 3. Se respecter soi-même, voir le bien en soi 4. Voir le mal de l’autre et pouvoir le dénoncer. On le fait seulement après que les 3 premières attitudes auront été intégrées.
Quand quelqu’un critique notre groupe d’appartenance, il est important de reconnaître les torts de notre groupe. Dans le baptême de Jean, Jésus a l’attitude de celui qui confesse ses péchés (même s’il n’est pas lui-même un pécheur). Être capable de dire «Nous les Belges sommes mauvais» même si la personne qui parle n’a rien fait de mal en soi. Pouvoir dire : «Nous l’Église, nous avons fait l’inquisition au Moyen Âge». S’associer aux défauts du groupe auquel nous appartenons. Solidaire du mal des autres, je porte les péchés de l’humanité. Penser au «Pardonne-nous nos offenses» dans le Notre Père. Expérience symbolique. Après l’échange que nous avons eu en groupe, chaque personne était invitée à penser à une personne qui représente pour elle à une inspiration au niveau de l’ouverture aux autres. Nous pensions aussi à un conflit personnel que nous vivions et nous avons essayé d’identifier une ouverture vers le dénouement du conflit. Par la suite, nous avons tous reçu un morceau de casse-tête. Nous étions invités à tour de rôle à nommer une personne inspirante ou un geste d’ouverture que nous avions en tête. Chacun est allé porter son morceau de casse-tête au centre et ensemble, nous avons construit la face du Christ. L’expérience me semblait simpliste au point de départ. En la vivant, j’ai trouvé que c’était une approche extraordinaire. Évangéliser la ville«Une nuit, le Seigneur dit à Paul dans une vision : « Sois sans crainte, continue de parler, ne te tais pas. Je suis en effet avec toi et personne ne mettra la main sur toi pour te maltraiter car, dans cette ville, un peuple nombreux m’est destiné. »» (Ac 18, 9-10) Dans l’apocalypse, il y a 2 images qui nous rapprochent d’une spiritualité de la ville. Il y a l’image de la grande Babylone, lieu du péché et des abominations. Il y a aussi l’image de la Jérusalem céleste, demeure de Dieu parmi les hommes (Ap 21, 2-3). Si l’être humain est l’image et le temple de Dieu, que dire de la ville où vivent un grand nombre d’être humains. Pendant l’expérience de Bruxelles, nous avons été témoins (ou nous avons entendu parler) d’un grand nombre d’expériences d’évangélisation dans la ville. En voici quelques unes.
1.
Il y avait de grandes
banderoles au dessus des rues et on pouvait y lire 2. il y avait un kiosque sur la Bible au milieu de la ville 3. une paroisse a décidé de louer une vitrine de magasin dans son quartier. Quand les gens magasinent, ils peuvent entrer dans cette boutique de la même manière qu’on entre dans toutes les boutiques. On y vend quelques livres et articles religieux (c’est comme une succursale de la librairie religieuse de Bruxelles). Toujours dans la même boutique, il y a un lieu pour parler et prendre un café et il y a aussi un lieu de prière. La boutique est ouverte depuis 3 ans et elle est tenue par des paroissiens bénévoles. Les gens qui n’oseraient pas entrer dans l’église ont une occasion de contact avec l’Église sur la rue. 4. Des paroissiens ont cuisiné des petits plats et offrent des repas gratuits au coin d’une rue 5. Des Dominicains on ouvert un «café théologique». Les passants peuvent y entrer. Des Dominicains (en habit de Dominicains) font le service aux tables et servent de la bière ou du café. Les gens ont une occasion de parler de foi s’ils le désirent. 6. Un groupe de 3 jeunes hommes font un spectacle de musique au coin de la rue. Les 3 jeunes ont leur col romain. 7. Un groupe fait une pièce de théâtre avec message religieux au coin de la rue. 8. Un groupe d’Église décide de louer un kiosque dans un marché aux puces. À l’intérieur, il y a un prêtre avec son aube et il discute avec les passants toute la journée. 9. À Vienne, ils ont décidé d’imprimer 50000 lettres d’amour pour la St-Valentin. Toutes ces lettres sont signées par Dieu. Un groupe de croyants a fait la distribution des lettres aux 4 coins de la ville. Ils disaient une parole gentille à chaque personne à qui ils remettaient une lettre. L’activité a été un grand succès. Ils veulent renouveler l’an prochain avec 100 000 lettres d’amour. 10. Faire des concerts de musique sacrée ou diverses prestations artistiques dans un but d’évangélisation. À elle seule, la cantate de l’apocalypse a attiré 3000 personnes. Il faut dire que le roi et la reine de Belgique étaient présents. 11. Organiser un concert de musique rock catholique pour les adolescents (j’ai assisté à l’un d’eux et il y avait une foule très enthousiaste) 12. Organiser des débats sur des thèmes d’actualité où des chrétiens et des évêques prennent la parole. 13. Tenir un kiosque d’Église au salon du mariage. 14. Jouer le personnage d’un clown dans la rue en véhiculant des valeurs de foi En conclusion sur les différentes formes d’évangélisationEn regardant toutes ces formes d’évangélisation, je trouve qu’il y 4 traits communs qui les rejoignent toutes. Ce sont 4 attitudes d’évangélisation: 1. faire preuve d’audace, exprimer des choses que nous n’aurions pas osé dire 2. faire un pas pour aller rencontrer des gens différents de nous 3. faire preuve de créativité dans les manières d’annoncer l’Évangile 4. faire un bon discernement dans le choix des méthodes d’évangélisation. Choisir des moyens appropriés à notre milieu.
Bibliographie : Les grandes conférences du congrès sont disponibles de la manière suivante· en version écrite : Danneels, G., Riccardi, A., Radcliffe, T., Buttet, N. et Bianchi, E. (2006). Venez et voyez. Bruxelles-Toussaint 2006, Namur (Belgique) : Fidélité · en version CD ou DVD(grandes conférences, dialogue des cardinaux et cantate de l’apocalypse d’André Gouzes): commander au http://www.catho.be [1] Pour une information plus complète, on peut consulter le site des congrès de nouvelle évangélisation < http://evangelisation.at/emmanuel/icne/main.php4?lang=fr> et le site du congrès de Bruxelles <http://bruxelles-toussaint2006.be/spip/> [2] Les statistiques de participation proviennent de Zenit, édition du 7 novembre 2006. [3] Cette distinction a été faite par Rick van Lier ,o.p. dans une conférence qu’il a donnée. [4] Tiré d’un atelier d’évangélisation directe animé par Johan Visser de la communauté de l’Emmanuel [5] Cette partie est surtout tirée de la conférence d’Enzo Bianchi, un des grands orateurs. La conférence complète est disponible (voir bibliographie). [6] Le présent paragraphe est tiré d’un exposé fait par un grand rabbin de Bruxelles. [7] Le présent paragraphe est surtout tiré de la conférence de Nicolas Buttet. La conférence complète est disponible (voir bibliographie) [8] Le présent paragraphe est tiré d’une présentation de Dominique de Lafforest, de la communauté de l’Emmanuel, lors de l’atelier «une paroisse devient misionnaire». [9] La présente section est tirée de la conférence de Timothy Radcliffe, ancien maître des Dominicains, le texte intégral est disponible (voir bibliographie) [10] Tiré d’un atelier d’évangélisation directe animé par Johan Visser de la communauté de l’Emmanuel [11] Atelier sur être chrétien dans son milieu de travail [12] C’est un atelier d’évangélisation directe animé par Johan Visser de la communauté de l’Emmanuel [13] Certains de ces points ont été développés dans la première partie de ce texte, je ne les répète pas ici. [14] Cette section est surtout tirée de la conférence d’Andrea Ricardi, fondateur de la communauté Sant’Egidio. La conférence intégrale est disponible (voir bibliographie) [15] La présente section est tirée de la conférence de Timothy Radcliffe, ancien maître des Dominicains, le texte intégral est disponible (voir bibliographie) [16] La présente section est tirée de l’atelier «Une paroisse devient missionnaire» animé par Dominique de Lafforest de la communauté de l’Emmanuel [17] La présente section est tirée de l’atelier «Être chrétien au travail. Comment peut-on être pleinement chrétien dans son travail de tous les jours ?» par Thierry Des Lauriers de la Communauté de l’Emmanuel. [18] Pour en savoir davantage sur ce groupe: <http://www.presenceettemoignage.org/fr/default.htm> [19] Pour un bon résumé : Conseil pontifical «Justice et paix» (2005). Compendium de la doctrine sociale de l’Église, Vatican : Libreria editriceVaticana. [20] < http://www.presenceettemoignage.org/fr/activites/Hpresence.htm> [21] Cette section est tirée de l’atelier «Bâtir la paix en soi et autour de soi» animé par Benoît et Ariane Thiran du groupe Sortir de la violence. On peut aussi consulter le site www.sortirdelaviolence.org, on y propose un programme de formation. Pour approfondir ces thèmes, on nous propose 2 livres dont l’un a été écrit par les animateurs de cet atelier : Eliat-Serck, I. et B. (2006).Oser la relation. Exister sans écraser, Namur : Fidélité. (ce livre est une présentation de l’approche dans un langage profane) Thiran-Guibert, B. et A. (2006). Entrer dans l’Évangile pour sortir de la violence, Namur : Fidélité. (ce livre est une présentation de l’approche avec une lecture de évangiles. La préface est de Jean Vanier.) |